Description
Short & Queer
S’identifier à la communauté queer, c’est embrasser ses attirances et se relier à des réseaux d’appartenance, des espaces où l’on peut exister librement. Ce programme explore ces bulles de liberté et de sécurité, des lieux pour aimer, danser, se réinventer, s’affranchir et faire face aux adversités. Dans Aliens in Beirut, la rencontre incandescente de deux amants fait naître une intensité brûlante, celle d’un drame amoureux porté par un élan qui résiste aux plus grands obstacles. De cet amour impossible, on glisse vers l’amour inconditionnel dans Todos los nombres empiezan con M, où une femme trans renoue avec sa mère après plusieurs années d’absence. On fait ensuite place aux confidences avec On tire pas sur une plante pour qu’elle pousse, où deux ami·es s’arriment au rythme de l’été gaspésien, pour aborder le rapport au corps et la transmasculinité en région. La liberté et l’affirmation de soi se manifestent aussi dans des contextes collectifs et subversifs. Dans Luz Diabla, Martin est rattrapé par des hallucinations à la frontière du surnaturel, tandis que l’électro se mêle à la réalité, aux désirs et à la peur d’être pourchassé. Plus grunge et radical, Bleifrei 95 explore la culture du « cruising » au sein d’un groupe de lesbiennes, révélant des dynamiques amicales et sexuelles encore inexplorées. Ensemble, ces œuvres font résonner une pluralité d’expériences queer aussi vulnérables que puissantes, et rappellent combien cinéma et identité se nourrissent l’un l’autre, ouvrant des mondes où tout est possible.
Tourner à Tout Prix
Une compétition qui a fait ses preuves, rassemblant des cinéastes animé·es par l’urgence de créer, souvent sans filet. Des œuvres qui rappellent que des formes libres et singulières peuvent émerger, même sans grands moyens. Cette année, les lieux s’imposent comme des ressources créatives, jusqu’à devenir de véritables moteurs narratifs. Dans Sara & Fatima, le désert devient le théâtre inattendu d’une rencontre entre deux femmes que tout oppose, finalement réunies dans leur vulnérabilité. La forêt accueille les échanges intimes d’un couple au bord de la rupture dans L’Okapi. Widnet il-Bahar nous transporte à Malte, une île chargée de souvenirs intimement liés à l’histoire familiale de Mathilde, qui la découvre pour la première fois. Teinté d’humour, le huis clos d’un petit appartement donne naissance à l’anthropomorphisme d’un ventilateur dans FAN. Avec Savoir ce qu’on pense, le décor s’efface presque pour laisser place à l’intensité brute d’une soirée entre ami·es. Inspiré du son émis par les plantes en situation de stress, Ouarda ouarda : yet another flower film se déploie tel un lieu en soi, un espace de réflexion minimaliste. Dans Une nuit debout, la chambre d’une insomniaque devient la porte d’entrée vers son monde intérieur, tout en douceur et en retenue. Enfin, on termine avec le lumineux Greluche, qui trace le portrait d’une femme libre et non-conventionnelle, dont le cœur d’enfant est éternel grâce à sa forêt magique. Une compétition résolument DIY, où chaque film transforme ses contraintes en moteur de création.
